En bref
- La société rembourse l’usage de votre véhicule personnel au barème kilométrique.
- Bien justifiées, les IK sont en principe une charge pour la société et ne sont pas une rémunération pour vous.
- Sans relevé détaillé des trajets réels, elles peuvent être requalifiées en cas de contrôle.
- Avec 8 000 km par an en 5 CV, elles représentent 4 251 €.
Le principe
Quand un dirigeant (gérant de SARL ou d’EURL, président de SAS ou de SASU) utilise un véhicule dont il est personnellement propriétaire pour des déplacements professionnels, la société peut lui verser des indemnités kilométriques. Elles compensent les frais du véhicule (carburant, entretien, assurance, dépréciation) et sont calculées avec le barème kilométrique.
Correctement justifiées et calculées dans la limite du barème, ces indemnités sont en principe une charge déductible pour la société, et ne sont pas traitées comme une rémunération pour le dirigeant : pas d’impôt sur le revenu ni de cotisations sociales sur ces sommes. C’est ce qui les rend intéressantes, et c’est aussi pour cela qu’elles sont regardées de près lors d’un contrôle.
Qui est concerné
- les gérants de SARL et d’EURL, majoritaires ou non ;
- les présidents et directeurs généraux de SAS et de SASU ;
- les dirigeants de sociétés d’exercice libéral (SELARL, SELAS) ;
- les associés et collaborateurs qui utilisent leur propre véhicule pour la société.
En entreprise individuelle ou en micro-entreprise, il n’y a pas de société distincte pour vous verser des indemnités : on parle alors de frais de véhicule déductibles (au régime réel) et non d’IK. Voir le guide professions libérales.
Les conditions habituelles
- le véhicule n’appartient pas à la société (carte grise à votre nom en règle générale) ;
- les déplacements sont réellement professionnels : clients, fournisseurs, chantiers, rendez-vous, formations… ;
- chaque trajet est noté et justifiable : date, départ, arrivée, motif, distance ;
- le montant respecte le barème correspondant à la puissance fiscale du véhicule ;
- les frais déjà couverts par le barème (carburant, entretien, assurance) ne sont pas remboursés une seconde fois par la société.
Les trajets entre le domicile et le lieu de travail, les véhicules au nom d’un proche, les véhicules en location longue durée ou les sociétés à exercice décalé obéissent à des règles particulières : c’est à valider avec votre expert-comptable.
Combien représentent les IK d’un dirigeant ?
Le montant dépend de la puissance fiscale du véhicule et du kilométrage professionnel de l’exercice. Quelques repères pour une voiture :
| Kilométrage pro | 5 CV | 5 CV électrique | 7 CV et plus |
|---|---|---|---|
| 5 000 km | 3 180 € | 3 816 € | 3 485 € |
| 8 000 km | 4 251 € | 5 101 € | 4 667 € |
| 12 000 km | 5 679 € | 6 815 € | 6 243 € |
| 15 000 km | 6 750 € | 8 100 € | 7 425 € |
| 20 000 km | 8 535 € | 10 242 € | 9 395 € |
Pour votre véhicule, le simulateur d’indemnités kilométriques donne le montant exact en quelques secondes.
IK ou voiture de société ?
Les deux options coexistent rarement pour un même usage. Avec une voiture de société, c’est la société qui supporte les frais du véhicule, et l’usage privé du dirigeant constitue en principe un avantage en nature. Avec les indemnités kilométriques, le véhicule reste à vous : vous payez ses frais et la société vous rembourse la part professionnelle au barème. Les IK sont souvent plus simples pour un dirigeant qui roule modérément et garde son véhicule personnel. Le choix dépend de votre kilométrage, du véhicule et de votre rémunération globale : votre expert-comptable peut chiffrer les deux options.
Le risque en cas de contrôle
Sans justificatifs, l’administration fiscale ou l’URSSAF peut considérer les indemnités comme une rémunération déguisée : réintégration dans le résultat de la société, impôt et cotisations sociales pour le dirigeant, voire pénalités. Les contrôleurs comparent le relevé avec d’autres éléments : agenda, factures clients, notes de frais, cohérence des distances, jours de congé.
Trajets reconstitués ou générés : le piège
Remplir un tableau en fin d’année, de mémoire, ou le faire générer automatiquement pour atteindre un montant cible, est tentant. Mais un relevé qui ne correspond pas à des déplacements réels n’a aucune valeur : au mieux il est écarté, au pire il aggrave la situation, car verser des sommes injustifiées à un dirigeant peut aussi engager sa responsabilité. Un relevé tenu au fil de l’eau, trajet par trajet, avec des motifs précis, est la meilleure protection.
Verser les IK en cours d’année
De nombreux dirigeants se versent des acomptes mensuels, puis régularisent à la clôture de l’exercice, quand le kilométrage annuel est connu. Ce fonctionnement est logique : la tranche du barème dépend du total de l’exercice, que l’on ne connaît qu’à la fin. En pratique :
- chaque mois, vous établissez le relevé des trajets du mois ;
- la société vous verse l’acompte correspondant par virement ;
- à la clôture, le montant annuel exact est calculé et le solde est versé ou régularisé.
pratIK calcule l’acompte de chaque mois comme la différence entre le montant dû sur le cumul à fin de mois et celui du mois précédent : la somme des acomptes est toujours égale au montant annuel. Vous pouvez aussi pointer les sommes déjà versées.
Exemple complet sur un exercice
Sophie est gérante d’une SARL de décoration intérieure. Elle utilise sa voiture personnelle de 5 CV pour se rendre chez ses clients, chez ses fournisseurs et sur les chantiers. Son exercice correspond à l’année civile. Chaque fin de mois, elle édite son relevé et la société lui verse l’acompte correspondant.
| Mois | Km du mois | Cumul | Acompte |
|---|---|---|---|
| Janvier | 700 km | 700 km | 445 € |
| Février | 800 km | 1 500 km | 509 € |
| Mars | 900 km | 2 400 km | 572 € |
| Avril | 850 km | 3 250 km | 541 € |
| Mai | 800 km | 4 050 km | 509 € |
| Juin | 900 km | 4 950 km | 572 € |
| Juillet | 600 km | 5 550 km | 228 € |
| Août | 200 km | 5 750 km | 71 € |
| Septembre | 900 km | 6 650 km | 321 € |
| Octobre | 950 km | 7 600 km | 339 € |
| Novembre | 800 km | 8 400 km | 286 € |
| Décembre | 600 km | 9 000 km | 214 € |
Sur l’année, Sophie a parcouru 9 000 km professionnels : ses indemnités s’élèvent à 4 608 €, soit exactement la somme des acomptes. Remarquez le mois où le cumul franchit 5 000 km : l’acompte change de rythme, car la formule de la deuxième tranche s’applique désormais au cumul. Un calcul naïf « kilomètres du mois × taux » aurait donné un total faux en fin d’exercice. En août, peu de déplacements, donc un acompte faible : le relevé reflète l’activité réelle, ce qui le rend crédible.
Ce que regarde l’URSSAF
Pour l’URSSAF, les indemnités kilométriques versées dans la limite du barème sont en principe exclues de l’assiette des cotisations, à condition que le bénéficiaire utilise réellement son véhicule personnel pour des déplacements professionnels et que ces déplacements soient établis. Concrètement, l’inspecteur peut demander la carte grise, le relevé des trajets et les éléments qui les corroborent. Les sommes versées au-delà du barème, ou sans justification, peuvent être réintégrées dans la base des cotisations, avec effet rétroactif sur les années contrôlées.
Les erreurs fréquentes du dirigeant
- Se verser un forfait fixe chaque mois sans relevé de trajets : c’est la situation la plus exposée.
- Rembourser le carburant en plus des IK, alors que le barème le couvre déjà.
- Appliquer le taux de la première tranche à tous les kilomètres sans régulariser en fin d’exercice.
- Utiliser la carte grise d’un véhicule de la société : les IK supposent un véhicule personnel.
- Laisser des trajets les jours de congé ou des distances incohérentes avec les adresses.
- Oublier de signer et d’archiver les relevés qui justifient chaque versement.
Comptabilisation
Dans la société, les indemnités kilométriques sont généralement enregistrées en charges, dans un compte de frais de déplacement (souvent le compte 6251 « Voyages et déplacements »), avec le relevé signé comme pièce justificative. Votre expert-comptable choisira l’imputation adaptée. L’important est que chaque versement soit rattaché à un relevé qui détaille les trajets et le calcul.
La check-list du dirigeant
- une copie de la carte grise à votre nom, avec la puissance fiscale ;
- un relevé daté de chaque trajet, avec un motif précis (nom du client, du chantier, du fournisseur) ;
- le calcul au barème de l’année, véhicule par véhicule ;
- les relevés signés et les virements correspondants ;
- les justificatifs de péage et de stationnement, remboursés à part.
Comment pratIK vous aide
- un trajet se note en 10 secondes, la distance est calculée automatiquement ;
- vos lieux favoris et vos trajets habituels sont proposés, jamais enregistrés sans votre validation ;
- le calendrier montre les jours ouvrés sans trajet, pour ne rien oublier ;
- le relevé PDF détaille chaque trajet et le calcul au barème, prêt à signer et à envoyer au comptable ;
- avec l’offre Équipe, vos collaborateurs notent aussi leurs trajets et vous recevez le relevé de toute l’équipe.
Questions fréquentes
Un gérant majoritaire de SARL peut-il se verser des IK ?
Oui. Gérant majoritaire ou minoritaire, président de SAS : tout dirigeant qui utilise son véhicule personnel pour la société peut être remboursé au barème, à condition de justifier les trajets.
Les IK du dirigeant sont-elles imposables ?
En principe non, si elles correspondent à des déplacements professionnels réels, justifiés et calculés dans la limite du barème. Sinon, elles peuvent être requalifiées en rémunération.
Peut-on se verser des IK tous les mois ?
Oui, sous forme d’acomptes, avec une régularisation à la clôture de l’exercice quand le kilométrage annuel est connu.
Les trajets domicile-bureau comptent-ils ?
Ils obéissent à des règles particulières selon votre situation. C’est un point à valider avec votre expert-comptable avant de les inclure.
Et si le véhicule est au nom de mon conjoint ?
C’est un cas particulier à examiner avec votre expert-comptable : la règle générale suppose un véhicule dont vous êtes propriétaire.
Je suis en entreprise individuelle, puis-je me verser des IK ?
Non, faute de société distincte. Au régime réel, vous pouvez en revanche déduire vos frais de véhicule, en principe au barème kilométrique.