En bref
- En micro-entreprise, l’abattement forfaitaire couvre toutes les charges : les frais kilométriques ne se déduisent pas en plus.
- Un auto-entrepreneur ne peut pas se verser d’indemnités kilométriques : il n’y a pas de société distincte.
- Le suivi permet de savoir si le régime réel deviendrait plus intéressant.
- Les déplacements refacturés aux clients font en principe partie du chiffre d’affaires.
Pourquoi les kilomètres ne se déduisent pas
Le régime micro repose sur un principe simple : on ne déclare que le chiffre d’affaires, et l’administration applique un abattement forfaitaire pour tenir compte des charges. En micro-entreprise, l’abattement forfaitaire (71 % en vente, 50 % en prestations de services commerciales ou artisanales, 34 % en activité libérale) est censé couvrir toutes les charges : les frais kilométriques ne se déduisent pas en plus. Les cotisations sociales, elles, sont calculées directement sur le chiffre d’affaires. Aucune charge, voiture comprise, ne vient donc réduire ni l’impôt ni les cotisations.
Pas d’indemnités kilométriques non plus
Les indemnités kilométriques supposent que quelqu’un vous rembourse : un employeur, ou une société pour son dirigeant. En micro-entreprise, l’entreprise et vous ne faites qu’un : vous pouvez évidemment payer vos frais avec le compte professionnel, mais il n’y a pas d’indemnité à vous verser, et rien de déductible.
Alors, à quoi sert le suivi ?
1. Savoir si le régime réel serait plus intéressant
Quand vos charges réelles dépassent l’abattement, le régime micro vous fait payer de l’impôt sur un bénéfice que vous ne faites pas. Les frais de véhicule évalués au barème kilométrique sont souvent la plus grosse de ces charges pour un indépendant qui se déplace. Sans relevé, impossible de faire la comparaison.
2. Refacturer vos déplacements au juste prix
Beaucoup d’indépendants facturent leurs frais de déplacement à leurs clients. Le barème donne une base objective pour fixer un tarif au kilomètre, et le relevé justifie la ligne de la facture. Attention : en micro, les frais refacturés font en principe partie du chiffre d’affaires, sur lequel portent l’impôt et les cotisations, sauf les débours répondant à des conditions strictes. C’est à intégrer dans votre tarif.
3. Préparer un changement de statut
Si votre activité grandit, vous passerez peut-être en entreprise individuelle au réel, ou en société. En société, avec votre véhicule personnel, vous pourrez vous verser des indemnités kilométriques. Avoir l’habitude de noter vos trajets dès maintenant rend ce passage beaucoup plus simple.
4. Si vous êtes aussi salarié
Beaucoup de micro-entrepreneurs ont aussi un emploi salarié. Pour ce salaire, les frais réels restent possibles : les trajets liés à l’emploi salarié se suivent alors séparément de ceux de la micro-entreprise.
Micro ou réel : un exemple chiffré
Marc est consultant en micro-entreprise (activité libérale, abattement de 34 %). Il encaisse 50 000 € par an et parcourt 12 000 km chez ses clients avec sa voiture de 5 CV. Son abattement est de 17 000 €. Au réel, ses frais de véhicule au barème seraient de 5 679 €, plus environ 6 000 € d’autres charges (logiciels, téléphone, assurance, comptable), soit 11 679 €. Dans son cas, le régime micro reste plus avantageux.
Si Marc parcourait 25 000 km, ses frais de véhicule atteindraient 10 675 € et le total 16 675 € : encore sous l’abattement, mais l’écart se réduit nettement. Le passage au réel mériterait d’être réexaminé si ses charges augmentent avec un expert-comptable, en tenant compte des cotisations, des obligations comptables et de la TVA.
Repères par activité
| Activité | Abattement | Sur 40 000 € de CA | 10 000 km | 20 000 km |
|---|---|---|---|---|
| Vente de marchandises | 71 % | 28 400 € | 4 965 € | 8 535 € |
| Services commerciaux ou artisanaux | 50 % | 20 000 € | ||
| Activité libérale | 34 % | 13 600 € |
Ces repères ne comprennent que les frais de véhicule : vos autres charges s’y ajoutent. Ils montrent que la question se pose surtout pour les activités libérales qui roulent beaucoup.
Ce qu’il faut retenir
- pas de déduction ni d’IK en micro-entreprise, quel que soit le kilométrage ;
- un relevé de vos kilomètres pour savoir quand le réel devient intéressant ;
- des frais de déplacement refacturés intégrés au chiffre d’affaires et au tarif ;
- une décision de changement de régime à prendre avec un expert-comptable.
Comment pratIK peut vous servir
pratIK note vos trajets en 10 secondes et calcule en continu ce qu’ils représenteraient au barème. Vous savez à tout moment si vos frais de véhicule approchent de votre abattement, vous avez un relevé pour justifier les déplacements refacturés, et tout est prêt le jour où vous passez au réel ou en société.
Questions fréquentes
Un auto-entrepreneur peut-il déduire ses frais kilométriques ?
Non. En micro-entreprise, l’abattement forfaitaire couvre toutes les charges. Ni l’impôt ni les cotisations, calculées sur le chiffre d’affaires, ne tiennent compte des frais réels.
Un micro-entrepreneur peut-il se verser des indemnités kilométriques ?
Non, faute de société distincte. Les IK supposent un employeur ou une société qui rembourse.
Puis-je facturer mes déplacements à mes clients ?
Oui, mais les frais refacturés font en principe partie de votre chiffre d’affaires, soumis à l’impôt et aux cotisations, sauf débours répondant à des conditions strictes.
Quand passer au régime réel ?
Quand vos charges réelles, frais de véhicule compris, dépassent nettement l’abattement. La décision se prend avec un expert-comptable, en tenant compte des obligations du régime réel.
Je suis salarié et auto-entrepreneur, que faire de mes trajets ?
Séparez-les. Les trajets liés à votre emploi salarié peuvent entrer dans les frais réels de votre salaire ; ceux de la micro-entreprise ne se déduisent pas.